Les antibiotiques ont révolutionné la médecine, permettant de soigner de nombreuses maladies infectieuses et de sauver des millions de vies. Mais leur utilisation massive, et pas toujours opportune, les rend de moins en moins efficaces, allant jusqu’à engendrer un risque sanitaire mondial.

Le premier antibiotique, la pénicilline, a été découvert en 1928 par Alexander Fleming. Ce dernier a très rapidement mis en garde contre le développement de résistances découlant de son utilisation excessive. Pourtant, depuis, de nombreux médecins dans le monde entier ont recours massivement aux antibiotiques, participant à la « mutation » de certaines maladies qui deviennent plus difficiles à traiter en raison de l’antibiorésistance.

De mauvaises pratiques au sein d’élevages industriels intensifs ont également contribué à renforcer la résistance des bactéries aux antibiotiques. En effet, les agriculteurs y recourent notamment pour accélérer la croissance des animaux. Or, des résidus de médicaments finissent par se retrouver jusque dans l’assiette du consommateur et donc dans son organisme…

Alors que dès 1976, aux États-Unis, le gouvernement du président Jimmy Carter préconisait de réguler l’usage des antibiotiques dans l’agriculture, les membres du Congrès, financés par les lobbies de l’agroalimentaire, s’y sont fortement opposés. Aujourd’hui outre-Atlantique, 80 % de la production d’antibiotiques est destinée à l’élevage. La situation n’est guère mieux ailleurs, notamment en Inde ou au Bangladesh où de nouveaux types de résistance les rendent totalement inopérants.

Quant à la recherche, elle stagne depuis de nombreuses années, l’industrie pharmaceutique se tournant vers d’autres secteurs plus rentables comme les antidiabétiques ou anticancéreux.

Pour aller plus loin :
Arte a diffusé un documentaire de Michael Wech sur ce sujet le mardi 19 mars : « Antibiotiques, la fin du miracle ? », visible en replay à partir du lien suivant : https://www.dailymotion.com/video/x74x7hi